07/12/2015

La tête dans les étoiles avec Dorothée Gilbert

Son film de présentation, sur le site de l’Opéra de Paris, la met en scène se déployant sur le toit du monument mythique qui domine la ville. Une évidence pour la danseuse étoile Dorothée Gilbert, qui confesse un penchant pour ces instants parisiens qui lui permettent de prendre de la hauteur. Rencontre chaleureuse et décontractée, dans sa loge, quelques minutes avant son premier cours de la journée...

Profession : Danseuse étoile de l’Opéra de Paris
Quartier : 18ème arrondissement

Vous êtes Parisienne depuis votre entrée à l'École de danse de l’Opéra de Paris, à l’âge de douze ans. Quelles sont vos bonnes habitudes typiquement “parisiennes” ? Tout d’abord, le traditionnel petit-déjeuner du dimanche, une excellente occasion de découvrir de nouveaux restaurants autour de la maison (le quartier de Montmartre). Nous avons succombé aux Affranchis ces temps-ci ! Et puis la diversité des musées qu’on ne trouve pas ailleurs et qui invite à des balades typiquement parisiennes…
Les Affranchis, 5, rue Henri Monnier, 75009 Paris. Tél. : + 33 1 45 26 26 30

Quels sont les lieux où vous vous ressourcez le plus à Paris ? Sur ma terrasse… Parce qu’elle donne sur les toits de Paris. J’aime bien voir la ville d’en haut, comme pour prendre un peu de distance. C’est magnifique et très apaisant de contempler tous les monuments qui surgissent comme par enchantement au détour des immeubles haussmanniens.

Y avez-vous des lieux synonymes de bonheur ? Sans hésiter, le Jardin du Palais-Royal, niché au cœur du centre historique de la ville, comme si l’adresse était secrète…
Jardin du Palais-Royal, 142, galerie de Valois, 75001 Paris

Votre vision de la Parisienne ? Pour moi, la Parisienne, c’est une femme libre, qui arrive à combiner vie professionnelle et vie personnelle, élégante sans en faire trop. Ce qui caractérise la Parisienne, c’est qu’elle arrive à se créer un vrai style grâce aux fripes, en combinant l’ancien et le nouveau.

Avez-vous une philosophie de vie ou un mantra bonne humeur ? Un chorégraphe m’a dit un jour cette phrase, qui m’a marquée : “Rien n’est irréversible à part la mort”. Cette sensation de se dire que finalement tout peut changer d’un instant à l’autre, et que même si quelque chose se passe mal un jour, ça ne veut pas dire que dans une semaine, un mois, un an, ce ne soit pas finalement positif. Cela ouvre considérablement le champ des possibles.

Qu’est-ce qui vous fait vivre des petits moments d’éternité ? Quand on danse, sur scène, il y a des moments où on se sent tellement bien que le temps suspend son vol. C’est infiniment agréable car on a l'impression d'être libéré de tout.

Une source d’inspiration particulière ? Récemment, j’ai travaillé sur Manon, l’un de mes rôles préférés. Comme à chaque fois, je me replonge dans le livre (Manon Lescaut) pour nourrir le personnage comme pour un vrai rôle de cinéma.

Avez-vous un porte-bonheur ? Je n’ai pas vraiment de gri-gri, je ne suis pas très porte-bonheur, mais j’ai quand même ce petit lapin blanc en peluche. Ma meilleure amie me l’a offert quand j’avais 6 ans et il me suit depuis. C’était ma “petite mère” - comme on dit dans le milieu de la danse pour “marraine” - au Conservatoire de Toulouse. Je l’ai appelée Olivia comme elle.

Avant d’entrer en scène, vous devez avoir l’habitude de vous recentrer : quelle est votre technique pour faire le vide ? Avant d’investir la scène, on a tout un rituel qui nous permet d’entrer dans l’état d’esprit du spectacle : cours du matin, sieste, déjeuner, puis le maquillage et la coiffure, première étape pour habiter le personnage. Ensuite, on file se “chauffer” à nouveau au foyer de la danse. Et puis, il y a cet instant flottant, ce face-à-face avec vous-même, juste avant d’entrer en scène. En général, je suis très calme. Le principal, c’est d’être lucide. Je me répète qu’au pire je tombe et que ça n’est pas bien grave, ça m’est déjà arrivé sur scène. J’avoue être moins sereine quand j’interprète un rôle. Je me demande toujours si mon interprétation va plaire au public. Dans tous les cas, j’ai beaucoup de chance car la scène me booste : j’arrive toujours à me dépasser par rapport à l’entraînement.

Un réflexe anti blues ? Ma barre de chocolat praliné !

Danseuse étoile, “Grâce” et “Elégance” font partie de votre vie. Comment définiriez-vous la beauté d’une Française ? Les Françaises sont sophistiquées sans le montrer. Elles sont belles au naturel. Elles font croire qu’elles se lèvent comme ça le matin, et voilà…
Et les rôles féminins qui vous fascinent le plus ? Je suis fan – dixit mon mari – de Manon Lescaut. J’ai eu la chance de danser, pour la première fois (en mai 2015), le ballet éponyme – L’Histoire de Manon – du chorégraphe Kenneth MacMillan.

Quelle est votre routine beauté 100% française ? Pour moi, c’est plutôt le rouge à lèvres, surtout quand je sors, et pas de fond de teint du tout parce que je transpire beaucoup en dansant. J’avoue que je ne mets pas de crème hydratante mais, en revanche, j’accorde un soin tout particulier à l’étape démaquillage. Le démaquillant tous les soirs est un indispensable beauté selon moi, encore plus précieux pour une danseuse qui impose à sa peau de lourds maquillages de scène.

Comment parvenez-vous à prendre soin de votre corps qui est aussi votre outil de travail ? Je ne jure que par les massages du Centre UMA, et notamment les séances Shiatsu avec Sylvie. Sinon, j’ai la chance d’avoir un sauna à la maison et, une fois par semaine, dans la mesure du possible, j’alterne sauna et bain froid pour activer la circulation et éliminer les toxines.
Le Centre UMA, L’art du bien-être et du mouvement, 6 Rue Saulnier, 75009 Paris. Tél. : + 33 1 44 53 61 13

Comment faites-vous pour garder toujours la forme et danser chaque jour ? Je dors. Malheureusement il n’y a pas d’autres solutions. J’ai souvent envie de me coucher tard pour profiter de la soirée, mais le lendemain c’est trop dur. J’arrive à me coucher tôt, tout simplement parce que je suis épuisée par les journées de répétition.

Une astuce “énergie” le matin ? Le matin, je n’ai pas très faim, je bois juste un café au lait sucré à emporter parce que je commence assez tôt et que je dois me sentir légère pour bouger.
A part la danse, conseillez-vous un sport en particulier pour se ressourcer ou s’activer ? Le Gyrotonic, le Pilates et le Yoga, que je pratique aussi d’ailleurs.

Photos : James Bort