12/10/2015

Le Paris cosmopolite de Clément Saccomani

Directeur de l’agence photographique Noor, Clément Saccomani, la trentaine épanouie et papa-poule, est un dénicheur de talents dans un monde en grand mouvement. Son appartement, ouvert sur les toits de la rue du Faubourg Saint-Denis, témoigne de sa vie parisienne joyeusement teintée de diversité culturelle. Entretien.

Profession : Directeur de l’agence Noor
Quartier : 10ème arrondissement

En tant que Parisien d’adoption, avez-vous acquis une habitude propre à cette ville ? Je suis Italo-Lyonnais et j’ai grandi dans les Yvelines. Depuis que j’habite Paris, je marche continuellement les samedi et dimanche. Ce que j’aime dans cette ville, c’est que tout est fait pour la rendre vivante et agréable : les Quais de Seine aménagés en Paris Plages ou bien en guinguette avec le Rosa Bonheur sur Seine.
Le Rosa Bonheur sur Seine, Quai d’Orsay. Tél. : +33 1 47 53 66 92.

En voyage à l’étranger, quelle facette de Paris vous manque le plus ? La mixité, les gens de toutes les couleurs qui se côtoient dans les rues parisiennes.

Et si Paris pouvait se résumer en une photo ? Je dirais que cette photo n’existe pas encore. Je chercherais à y ressentir la même chose que le petit garçon émerveillé que j’étais lorsque mes parents m’emmenaient voir la Tour Eiffel juste avant qu’elle ne s’éteigne pour la nuit.

Si vous deviez illustrer en photo le Paris d’aujourd’hui ? Ce serait celle de la France de l’après-Charlie ou bien un travail de Martin Parr sur le quartier de la Goutte d’Or qui témoigne bien de la diversité culturelle de la ville.

Votre dernier coup de cœur photo ? Le travail du jeune photographe Samuel Gratacap et celui de l’artiste-photographe Camille Lévêque, co-fondatrice de la maison d’édition Orpheus Standing Alone. Elle vient de lancer un livre vraiment merveilleux, avec Anna Lounguine, intitulé Menq Enq Mer Sarere (Nous sommes nos montagnes) consacré à la mémoire de la culture Arménienne à partir de souvenirs familiaux et intimes. Ce coffret rempli de polaroïds, de poèmes et d’une poignée de terre de là-bas forme un mélange d’identités visuelles contemporaines et traditionnelles à la fois, qui nous emmènent très loin.

Trois lieux inattendus qui, à vos yeux, résument Paris ? Le quartier de Barbès niché entre Montmartre et le 9ème arrondissement, la Galerie Vivienne, l’un des passages secrets des grands boulevards de la ville et le Musée du Louvre tout éclairé la nuit que l’on découvre un peu comme un gamin à Vélib’.
Galerie Vivienne, 6 rue Vivienne ou 4 rue des Petits Champs ou 5 rue de la Banque, 75002 Paris.

Une balade qui titille toujours votre œil de photographe ? Celle que je fais tous les matins en courant le long du canal de l’Ourcq, parce que la lumière y est exceptionnelle au lever du soleil.

Si vous viviez ailleurs qu’à Paris ? Ce serait soit à Los Angeles, soit à Istanbul, soit à Marseille. Pour la lumière toujours…

Qu’est-ce qui vous rend heureux en ce moment ? La vie en général et ma fille de huit ans. Elle me raconte toujours ses rêves et elle change de rire chaque semaine. C’est vraiment attendrissant une petite fille !

La photo qui vous donne le sourire ? Une photo de ma fille à l’âge de 1 an. Elle me fait revivre cette époque où elle était si petite… Un vrai bonheur et un peu de nostalgie sûrement.

Des morceaux de musique catalyseurs d’énergie ? "Take it easy" de Hopeton Lewis, "Hot Chip" de No Fit State, "How long" de Lipps Inc, "Dolce vita de Ryan Paris et de la musique arménienne.

Une technique particulière pour faire le vide ? Respirer. Un moyen tout simple de prendre du recul et de se rappeler que la vie est belle, tout compte fait. Et aller voir mon merveilleux kiné, Lalyr Frédéric, rue Simart, dans le 18ème arrondissement.

Un réflexe anti-blues ? Faire du cerf-volant et m’occuper de mes plantes.

Votre dernier fou-rire ? Avec mon meilleur pote au téléphone. On dissertait sur nos supers pouvoirs…

Une pensée pour vous tirer du lit les matins difficiles ? J’aime bien le matin alors c’est tout simple !

Avez-vous une routine forme ? L’escalade et enfiler mes bottes pour marcher à la campagne. Et puis terminer la journée par une douche presque brûlante suivie d’un jet d’eau froide.

Une discipline sportive pour vous entretenir ? Du jogging, du vélo – j’ai une super adresse où s’équiper Fixie Warehouse – ou de l’escalade.
Fixie Warehouse, 2 bis rue Bénard, 75014 Paris. Tél. : +33 6 52 43 49 03.

Et si le Parisien se définissait par un geste ? Le sourire communicatif dans le métro ou plus largement toutes les petites connexions qui se font entre Parisiens, au détour d’un regard…

Un barbier ou un coiffeur de prédilection ? Un coiffeur de quartier, à la bonne humeur communicative, rue de Ménilmontant, Momo-Tif, on ne peut pas faire plus simple ! Ou sinon, Jean Pierre Faure, dans le 18ème arrondissement.
Jean Pierre Faure, 240 Rue Championnet, 75018 Paris. Tél. : +33 1 42 29 74 01.

Votre vision du Parisien ? Un provincial qui se met à détester les provinciaux.

En quoi vous sentez-vous Parisien ? En voiture, je râle un maximum contre les piétons et, une fois piéton, je m’emporte très vite contre les voitures. Bref, un être un peu râleur mais qu’on aime bien. Et puis je me sens toujours un peu dans le combat, un peu "Rastignac" - le jeune héros ambitieux des romans d’Honoré de Balzac - mais cela dit, j’aime bien courir après les bus alors….

Un plat fétiche dans la cuisine française ? Le bœuf bourguignon parce que ça cuit pendant des heures, ce qui annonce un bon repas, ou le saucisson Lyonnais, ma madeleine de Proust, origines obligent…

Celui que vous cuisinez à vos amis, votre famille ? Une sorte de gloubi-boulga, un mix de plein de choses. Et je vous assure que c’est très bon !

Une recette pour stimuler votre niveau énergie ? Celle que me concocte la demoiselle qui partage ma vie : une boisson mexicaine à base de tomate, citron vert, coriandre, fleur d’oignon et huile d’olive. Elle est parfaite à chaque moment de la journée. C’est devenu mon incontournable. Ou sinon, un vrai taboulé avec du persil ou des ringalis, un plat géorgien.

Vos adresses à Paris ?

Pour s’aiguiser l’œil ? La galerie contemporaine qui a investi une ancienne salle de bal des Années Folles, Le BAL, la galerie d’art TEMPLE, lieu pour découvrir des artistes émergents, et la Chambre Claire, une librairie-galerie pour feuilleter des livres de photos venus du bout du monde.
Le BAL, 6, impasse de la Défense, 75018 Paris. Tél. : +33 1 44 70 75 50.
TEMPLE, 20, rue de la Corderie, 75003 Paris.
La Chambre Claire, 14 rue Saint-Sulpice, 75006 Paris. Tél. : +33 1 46 34 04 31.

Pour décompresser ? Le Musée Rodin pour son architecture et son jardin à l’aura majestueuse et apaisante et La Pagode, un cinéma d’Art et d’Essai niché dans une véritable pagode au petit jardin extérieur enchanteur. Et aussi passer à la boucherie Prosper, rue Caulaincourt, pour sa viande exceptionnelle.
Musée Rodin, 79 rue de Varenne, 75007 Paris. Tél. : +33 1 44 18 61 10.
La Pagode, 57 bis rue de Babylone, 75007 Paris. Tél. : +33 1 45 55 48 48.
Boucherie Prosper, 61 rue de Caulaincourt, 75018 Paris.

Pour prendre un café ou un cocktail ? J’aime prendre un café très simplement dans le Jardin du Luxembourg ou dans le Jardin du Palais-Royal. Pour le soir, je ne jure que par le bar L’Arsouille pour son ambiance festive de quartier – Montmartre – et le Rosebud qui fait les meilleurs cocktails sur mesure de la ville.
Jardin du Luxembourg, 75006 Paris.Jardin du Palais-Royal, 2 place Colette, 75001 Paris.
L’Arsouille, 22 rue des Trois Frères, 75018 Paris. Tél. : +33 1 42 55 53 37.
Le Rosebud, 11 B rue Delambre, 75014 Paris. Tél. : +33 1 43 35 38 54.

Pour faire de grandes tablées entre amis ? Mon appartement ! Plus sérieusement, je me sens comme chez moi à La Maison de la culture Arménienne et toujours très bien accueilli par le joyeux patron de La Galère des Rois. J’ai aussi un faible pour la cuisine japonaise du restaurant Guilo Guilo : son chef est à Kyoto les mois pairs et à Paris les mois impairs. L’assurance que ses plats sont adaptés aux nouveautés de là-bas !
La Maison de la culture Arménienne, 17 rue Bleue, 75009 Paris. Tél. : +33 1 48 24 63 89.
La Galère des Rois, 8 rue Cavallotti, 75018 Paris. Tél. : +33 1 42 93 34 58.
Restaurant Guilo Guilo, 8 rue Garreau, 75018 Paris. Tél. : +33 1 42 54 23 92.

Pour chiner des objets design ? Les Puces de Saint-Ouen, et surtout il ne faut pas hésiter à quitter Paris pour l’étranger et farfouiller dans les quartiers des brocantes à Londres et à Bruxelles.
Marché aux puces de Saint Ouen, 30 avenue Gabriel Péri, 93400 Saint-Ouen.

Photos : Charlotte Abramow