14/12/2015

Le Paris de Gwendoline Hamon

Gwendoline Hamon a cette présence si particulière des actrices qui se dévoilent au regard des autres, sans jamais y perdre leur âme. Port altier, chevelure flamboyante, yeux d’un vert profond, elle nous ouvre les portes de son univers parisien où s’entremêlent souvenirs de son enfance africaine, vestiges de son dramaturge de grand-père, Jean Anouilh, et portraits de famille, son clan indéfectible. Rencontre.

Profession : Comédienne et metteur en scène
Quartier : 1er arrondissement

En tant que Parisienne de naissance, avez-vous une habitude propre à cette ville ? Oui, celle de marcher. Je peux arpenter les rues du matin au soir sans jamais m’ennuyer, ni me fatiguer. Une grande partie de mes déplacements se fait à pied, car j’ai la chance d’habiter dans le centre et donc d’être proche de beaucoup de quartiers.

Y avez-vous des lieux synonymes de bonheur ? Mes grands-parents avaient un appartement place Fürstenberg qu’ils ont longtemps prêté à ma mère, j’y ai donc passé une partie de mon adolescence. Pour certains, c’est une des plus jolies places de Paris car elle respire le romantisme et la poésie, mais pour moi, elle évoque également les jours heureux… J’ai habité différents quartiers à Paris, chacun d’eux avait du charme, mais certains coins de Saint-Germain-des-Prés comme la rue de l’Odéon, le carrefour de la rue Mazarine et de la rue Dauphine, ou encore la rue Saint-Benoit, me mettent en joie dès que je les aperçois.

Si Paris était une pièce de théâtre ? Ce serait ART de Yasmina Réza pour la faculté très parisienne à faire de tout sujet de discussion, en apparence anodin, une remise en cause de la vie. Ou alors Quadrille de Sacha Guitry, le vaudeville drôle et malin qui décrit si bien les comportements humains.

Si vous deviez jouer la Parisienne dans un film ou une pièce, quelle allure aurait-elle ?Légèrement vintage, élégante, mais singulière, un port de tête qui n’a pas de prétention, mais qui raconte sa distinction, une taille cintrée, très avenante avec une pointe de folie que les hommes adorent, drôle, car c’est une liberté rare que les autres femmes n’osent pas toujours assumer

Des endroits parisiens où puiser l’inspiration pour vos rôles ? J’aime les vieux quartiers… Le Marais, Montmartre, Saint-Germain, autour du Palais-Royal, car ce sont des lieux qui racontent une histoire… Cela m’émeut et m’enrichit.

Qu’est-ce qui vous rend heureuse ? Observer mon fils grandir et être de plus en plus complice avec lui. Être en famille, avec l’homme que j’aime, ou mes amis chers, également. Et puis, les voyages, certains lieux, des atmosphères particulières, me transportent, dans les deux sens du terme. J’ai tendance à être une inquiète, mais les rares fois où j’ai le sentiment que tout est en ordre, j’atteins une sorte de plénitude et je suis alors très heureuse.

Un souvenir de bonheur absolu ? Le jour de mes 40 ans ! Mes amis et ma famille étaient réunis sur une petite île magique et ensoleillée près de Toulon pendant 3 jours. C’était une surprise.

Un mantra bonne humeur ? “Le bonheur ne vient pas à ceux qui l’attendent assis !” de Baden Powel.

3 morceaux de musique catalyseurs d’énergie ? Ain’t no mountain high enough de Marvin Gaye, Stand on the world des Joubert Singers et Cosmic Girl de Jamiroquai. Mais j’adore Bécaud, Regianni, Barbara, Julien Clerc, Marc Lavoine, Zazie, Keren Ann et mille autres compatriotes français…

Un film qui rend la vie plus belle ? La Mélodie du bonheur avec Julie Andrews.

Un petit déjeuner qui vous donne la pêche ? Les petits déjeuners asiatiques… Un bouillon parfumé aux mille épices avec un peu de riz et de sauce soya. Mais je ne suis pas contre un bon vieux jus de pomme (très frais !) agrémenté de citron et de gingembre, et pour les jours fastes, un bagel - sans gluten - avec du Nutella !

Un sport particulier pour s’entretenir tout au long de l’année ? Sans hésitation “la barre au sol”, avec étirements délassants, muscles allongés, réveil intégral du corps et bien-être absolu. Le meilleur prof c’est Michael au Café de la Gare, au Centre du Marais. Dans le genre, le Pilates est un sport aux vertus toutes aussi merveilleuses.
Centre de Danse du Marais, 41, rue du Temple, 75004 Paris. Tél. : + 33 1 42 77 58 19

Votre vision de la Parisienne ? Elle se connaît bien et sait donc ce qui lui va. Elle est nature et rarement maquillée, mais elle a de l’allure car elle sait être d’une élégance folle dans chaque situation de la vie… Bref, elle est féline, intello ou enfantine. C’est une femme libre, le cheveu au vent, qui ose mais reste mystérieuse tout en étant disponible et affable. Elle sait faire rire, sourire lorsqu’un homme la remarque, sait conduire tout en chantant à tue-tête, en mettant son mascara, l’oreillette branchée. Elle est reconnaissable dans les aéroports tout comme les Italiennes. En un mot ? La Parisienne a du style...

En quoi votre routine beauté est-elle parisienne ? Parce que, de mon verre d’eau chaude au réveil, à mon jus frais en bas de chez moi, en passant par l’école de mon fils, au rendez-vous où je me rends à pied jusqu’au cours de danse et à la fin de la journée... Je cours tout le temps.

Que vous dites-vous en vous regardant dans le miroir ? Que je change, ce qui n’est pas si mal car je trouve que je ressemble de plus en plus à mon incroyable et très chère grand-mère.

Les rôles féminins qui vous fascinent le plus ? Ceux que Cassavetes (John) a offert à sa femme Gena Rowlands, des rôles de femmes qui souffrent… En général, difficiles à jouer, mais ils me galvanisent car la subtilité des émotions à transmettre est un challenge et je n’aime que cela.

Comment définissez-vous la beauté d’une femme ? Il y a des visages presque parfaits desquels rien n’émane, et puis il y a des traits, une chevelure, mêlés à un charme dévastateur, à une voix, une allure, une personnalité qui font que certaines femmes sont fascinantes de beauté.

Vous venez d’écrire un livre sur votre mère où vous évoquez aussi les femmes qui vous ont construites et avec qui vous avez grandi (votre arrière-grand-mère, votre grand-mère, votre mère et votre sœur). Quel rapport à la beauté, ou quels conseils, vous ont-elles transmis ? Ma grand-mère était l’élégance incarnée pour moi. Elle a été un modèle. ”Ne touche jamais ton nez, tes sourcils ou tes dents, tu perdras ta singularité et ton mystère”. Pour moi, elle était entre Jacky Kennedy et Audrey Hepburn, c’est vous dire ! Mon arrière-grand-mère, qui était une femme d’un milieu simple, était naturellement distinguée, c’était inné. Elle ressemblait à Katharine Hepburn, belle sans artifice. Je me souviens que chaque matin, elle se crémait le corps en disant qu’ainsi elle ne se transformerait pas en crocodile. Quant à ma mère, c’était une femme bohème, sans règle et pleine de risques, car elle pouvait passer d’une jupe longue évasée à un cuir bleu électrique. Ma sœur et moi avons souvent eu honte de ses tenues extravagantes et hors sujet, mais elle les assumait avec tant d’humour et de vérité que finalement, c’est une belle leçon de liberté qu’elle nous a offerte...

Votre grand-mère vous disait que vous aviez “un physique de jeune première” et qu’il vous fallait trouver votre “singularité” pour vous démarquer dans ce métier. Quelle conception de la beauté en avez-vous retirée ? Trouver mon style ! Un mélange de mode actuelle, de classique, de vintage et de rock’n’roll. En clair, parvenir à assumer mes envies, ma spontanéité, mon côté “clown” qui ne va pas avec mon physique un peu classique, mais toujours rester élégante, tout en étant prête à affronter n’importe qui, dans n’importe quelle situation. Ne pas être ordinaire en somme.

Le geste beauté de la Parisienne qui se suffit à lui-même ? De l’eau glacée sur le visage. Ça réveille en un clin d’œil...

Un secret de beauté à transmettre ? Dormez… Et pincez-vous le visage pour stimuler la microcirculation. Si on le fait régulièrement, on peut obtenir le teint et les pommettes de Blanche-Neige.

La découverte beauté ou le conseil beauté qui a changé votre vie ? Le “sans gluten”. Et pourtant je me moquais des “modeuses”. Vous n’aurez plus jamais de problèmes de digestion et, en prime, adieu le ventre ballonné après un gros – mais bon - plat de pâtes…

Les adresses de Gwendoline à Paris

Pour vous faire masser ou décompresser ? Le Ban Thaï SPA car il n’y a rien de mieux que les massages asiatiques…
Ban Thaï SPA Massage Paris, 20, rue Dauphine, 75006 Paris. Tél. : + 33 1 43 54 01 01 ou 5, rue Mandar, 75002 Paris. Tél. : + 33 1 40 28 00 80

Pour prendre un café, un thé ? J’adore les bars des grands hôtels qui me donnent l’impression d’être en voyage. Et puis, la terrasse du Costes est toujours agréable… mais une bonne table de café parisien me charme tout autant.
Hôtel Costes, 239-241, rue Saint-Honoré, 75001 Paris. Tél. : + 33 1 42 44 50 00

Pour déjeuner entre copines ? Le très chic et très design restaurant Le Saut du Loup, situé tout près du Louvre et dont la jolie terrasse donne sur le ravissant Jardin des Tuileries. Ou bien La Belle Epoque, rue des Petits Champs, si on veut être dans le vent.
Le Saut du Loup, 107, rue de Rivoli, 75001 Paris. Tél. : + 33 1 42 25 49 55
La Belle Epoque, 36, rue des Petits Champs, 75002 Paris

Le meilleur japonais ? Yamamoto, rue Chabanais. Et pour la touche plus décontractée, optez pour un bar à ceviche, le plus délicieux est à Montorgueil : La Cevicheria.
Yamamoto, 6, rue Chabanais, 75002 Paris. Tél. : + 33 1 49 27 96 26
La Cevicheria, 14, rue Bachaumont, 75002 Paris. Tél. : + 33 9 80 88 58 05

Pour dénicher des livres inspirants ? La librairie Delamain en face de la Comédie Française qui me donne l’impression que je touche un bout d’histoire à chaque fois que je m’y arrête et, surtout, que mes choix seront bons !
Librairie Delamain, 155, rue Saint Honoré, 75001 Paris. Tél. : + 33 1 42 61 48 78

Pour acheter de beaux objets, déco ou bijoux ? Les puces, les boutiques de mon amie d’enfance Sarah Lavoine, la petite brocante bric-à-brac de Montmartre, L’Objet qui parle où il y a toujours une petite merveille à dénicher, les ventes aux enchères Drouot où j’aime aller à l’improviste et qui me réservent toujours de la magie et des surprises… et les sublimes bijoux STONE de mon amie Marie Poniatowski. L’Objet qui parle, 86, rue des Martyrs, 75018 Paris
Drouot, 9, rue Drouot, 75009 Paris. Tél. : + 33 1 48 00 20 20
STONE, 60, rue des Saints-Pères, 75007 Paris. Tél. : +33 1 42 22 24 24

Photos : Saskia Lawaks