24/08/2015

Le Paris mélodieux de Juliette Cerisier

Celle que son amoureux prénomme "Sakura" (cerise en japonais), porte à merveille ce surnom poétique et léger. Juliette Cerisier, auteur-compositeur et artiste à ses heures, à la fine et longue chevelure brune, n’a rien d’une frêle jeune fille. Droite dans ses bottes (de pluie), elle arpente Paris, sa ville natale, comme une terre pourvoyeuse d’inspirations qu’elle emporterait avec elle dans une joyeuse errance vagabonde. Découverte.

Profession : Auteur-compositeur
Quartier : 13ème arrondissement

En tant que Parisienne de naissance, avez-vous une habitude propre à cette ville ? Oui je ne me laisse plus faire ! Même si je suis une Parisienne "pur jus", je n’ai pas reçu ce "don" en naissant. J’ai dû me le forger toute seule.

Y avez-vous des lieux synonymes de bonheur ? Un lieu, le Bois de Vincennes et une activité, le vélo, que je combine allégrement.

Des adresses particulières pour puiser l’inspiration ? Pas de lieux précis, mais simplement un vagabondage à travers Paris : marcher dans cette ville est ma principale source d'inspiration. Ça me permet de découvrir certains quartiers que je connais finalement assez mal. Paris laisse rêveur, et ça me correspond assez bien… Toutes ces balades me recentrent et me permettent ensuite de créer.

Si la Parisienne pouvait être une mélodie ? Je répondrais instantanément "Siberian breaks" de MGMT parce que je me réveille tous les matins avec et que j'aime la rythmique très changeante et la phonétique très marquée de cette chanson.

Si Paris était une musique ? Celle du compositeur d’opéra, chef d’orchestre et pianiste britannique Benjamin Britten, notamment pour les "Ceremony of Carols" qu’il a chantées pendant huit ans. Il y a une vraie symbiose et une vraie délicatesse dans sa musique et ça me renvoie indéfectiblement à Paris. Avec l’école de la maîtrise de Radio France, dont je faisais partie, on se produisait régulièrement dans les églises, surtout celle des Blanc Manteaux dans le Marais. L'acoustique avait un effet plus qu’inspirant.
Eglise Notre-Dame-des-Blancs-Manteaux, 1, rue de l'Abbé Migné, 75004 Paris.

Si vous partez en voyage, quelle facette de Paris vous manque le plus ? Indéniablement, les jolies filles… Qui se regardent beaucoup entre elles d’ailleurs ! Une émulation que je trouve plutôt belle.

Y a-t-il selon vous des odeurs qui incarnent Paris ? Sans hésiter, celle des soupes Phò de l'avenue de Choisy, dans le 13ème arrondissement de Paris, là où j'ai grandi…

Avez-vous des repères dans la capitale pour vous ressourcer ? Si je veux me ressourcer, j'enfile mes bottes et je file à la campagne.

Pourriez-vous vivre dans une autre ville que Paris ? Oui, c'est prévu d’ailleurs. Il est vrai que j'apprécie davantage Paris lorsque je m'en sépare pendant quelques temps. "Fuis-moi, je te suis…". Et je fais une obsession sur Détroit depuis quelques mois. Je suis très attirée par ce côté ville fantôme, prétexte à plusieurs décors de cinéma. J'aime l'idée de reconstruire plutôt que de consommer et jeter. J'aime ces immeubles Art Déco désossés et réinvestis aujourd'hui par quelques courageux. J'aime le mouvement artistique qui s'y développe. J'aime cet esprit communautaire qui prend le relais lorsque les uns et les autres sont en difficulté. Ce sera d’ailleurs une étape majeure du voyage que je souhaite entreprendre. J'aimerais pouvoir importer là-bas quelques aspects positifs de la culture française.

Le cadeau 100% français à faire à un étranger ? Pour le chic, je dirais des macarons Pierre Hermé.
La Maison Pierre Hermé, 18, rue Sainte-Croix-de-la-Bretonnerie, 75004 Paris. Tél. : +33 1.43.54.47.77.

Qu’est-ce qui vous rend heureuse ? Voyager, me dégourdir, être créative, dépasser les contraintes et surmonter les épreuves. Ça passe très souvent par mon activité artistique…

Et en ce moment tout particulièrement ? La perspective d'un voyage chargé en créativité avec comme note dominante la musique bien sûr, puisqu'elle me suit depuis toujours, mais aussi mes "ambitions" environnementales et culinaires… J’ai une grande sensibilité pour ces deux activités mais encore beaucoup d'ignorance et très peu de maîtrise.

Et un projet qui vous stimule ? Je me lance dans un projet d'architecture d’intérieur pour lequel je vais chiner - en France - et retaper de vieux meubles qui ont du cachet, mais toujours avec le même respect de l’environnement. Vous pouvez d'ores et déjà suivre ce "chantier" sur mon Instagram : @ai_faon.

Avez-vous un porte-bonheur ou une pensée qui vous accompagne chaque jour ? Les alliances de mes parents greffées aux doigts qui me renvoient régulièrement à beaucoup de souvenirs dès que j’y jette un œil. C'est important de s'intéresser à l'histoire de ceux qui nous ont élevés et qui sont le fondement de notre existence…

Votre philosophie de vie ? Elle évolue constamment et épouse régulièrement celle des gens qui me surprennent et font irruption dans ma vie. Surtout celle de l'homme que j'aime… Mais ce qui est très important pour moi aujourd’hui, c’est d’être beaucoup plus altruiste qu’auparavant et c’est une quête perpétuelle.

Votre évocation parfaite du bonheur ? Manger du fromage de chèvre joyeusement tartiné sur du pain, au bord de la mer, avec mon amoureux, après une journée d'excursion, la peau caramélisée et les cheveux salés. Et puis enfiler très vite un pull tout en ayant les pieds tout froids…

Le film qui vous donne le sourire ? "L'envolée sauvage", sorti en 1996. Encore aujourd'hui, ce film me fait rêver ! C'est mon côté très "WWF" (Fonds Mondial pour la Nature).

3 morceaux de musique catalyseurs d’énergie ? "House of the Rising Sun" de The Animals, "Sultans Of Swings" de Dire Straits et "Music for 18 musicians" de Steve Reich.

Une technique particulière pour faire le vide ? Pédaler à vélo.

Un réflexe anti-blues ? Toucher le fond de la piscine dans mon petit pull marine… ("Pull Marine" d’Isabelle Adjani).

Votre dernier fou-rire ? Avec un ami de longue date. Dès que je le vois, je ris en permanence. Je suis incapable de l'expliquer : ça doit être sa joie de vivre communicative cachée sous ses airs ironiques qui me plie en deux du début à la fin sans qu'il n'ait particulièrement d'efforts à fournir. J'essaie de le voir un peu plus souvent, comme ça je rallonge mon espérance de vie.

Avez-vous des icônes parisiennes ? J’aime beaucoup Sophie Marceau.

Votre vision de la Parisienne ? Le compromis entre le chic et le décontracté.

En quoi vous sentez-vous Parisienne ? Dans mon ambivalence bourgeoise et quelque peu prolétaire.

Le geste beauté de la Parisienne qui se suffit à lui-même ? Une touche de rouge à lèvres

Le produit qui ne vous quitte jamais ? Là encore, mon rouge à lèvres. Il m’habille d’un geste, même si je garde mes bottes de pluie et mon K-Way !

Que vous dites-vous en vous regardant dans le miroir ? Ça dépend tellement des jours…

Un plat fétiche dans la cuisine française ? La raclette ! C’est une addiction.

Un régime alimentaire particulier ? Oui j’avoue ne plus manger de gluten ou de produits laitiers… Sauf le dimanche, parce que c'est le week-end et aussi le lundi, parce que le lundi tout est permis. Et aussi le mardi parce que c'est dur, c'est encore le début de la semaine…

Un péché de gourmandise à déclarer ? Les mi-cho-ko, je pourrais m'étouffer de gourmandise avec.

Votre spot préféré dans votre grand magasin parisien de prédilection ? Le stand psychédélique, bohème et fou-fou, de la créatrice japonaise Tsumori Chisato au Bon Marché.

Photos : Hannah & Joël