10/08/2015

Le petit Paris illustré de Prune Cirelli

Illustratrice et experte en tableaux du XIXème siècle, Prune Cirelli est ce genre de femmes éprises de délicatesse. En nous embarquant dans son Paris intime, elle nous dévoile sa vision de la beauté, comme une éternelle quête de nouveauté. Découverte.

Profession : Illustratrice
Quartier : 16ème arrondissement

En tant que Parisienne, avez-vous une habitude propre à cette ville ? J’alterne les deux moyens de locomotion typiques des Parisiens : le métro (je connais par cœur les emplacements des correspondances sur les quais) et la marche à pied… Ca me permet de regarder autour de moi. Plutôt nécessaire pour déborder d’inspiration au jour le jour.

Y avez-vous des lieux synonymes de bonheur ? Indéniablement, le Jardin des Plantes et sa ménagerie, car ils font partie du paysage de mon enfance et je confesse avoir toujours une petite émotion quand je passe devant chez Lapérouse. C’est à cet endroit même que je me suis mariée.
Lapérouse, 51, quai des Grands Augustin, 75006 Paris. Tél. : +33 1 43 26 68 04.

Y a-t-il selon vous des odeurs qui incarnent Paris ? L’odeur des boulangeries le matin, et, en bonne urbaine, le goudron frais quand les rues sont en chantier.

Trois lieux inattendus qui, à vos yeux, résument Paris ? La place de La Madeleine, qui nous plonge tout d’un coup dans le Paris du 19ème siècle, les jardins des Champs Elysées qu’on oublie souvent au profit de leur célèbre avenue et puis Saint-Germain des Prés, pour ses dédales de rues qui rappellent le Paris d’antan.

Avez-vous des repères dans la capitale pour vous ressourcer ? Mon petit secret à moi est finalement tout simple : je me ressource à grandes doses de beauté. Pour cela, je me promène volontiers au Jardin des Tuileries, un incontournable des parcs parisiens, au Petit Palais, dont le jardin intérieur apaise en un clin d’œil et, au Musée Guimet, temple des arts asiatiques, parfait combo pour être zen. Et puis, aller voir un ballet classique à l’Opéra Garnier est toujours une jolie façon de se réconcilier avec un quotidien à 100 à l’heure.
Le Petit Palais, avenue Winston Churchill, 75008 Paris.
Musée Guimet, 6, place d’Iéna, 75016 Paris.
L’Opéra Garnier- Opéra National de Paris, 8, rue Scribe, 75009 Paris.

Une balade de prédilection près de chez vous ? Comme j’habite à la lisière du Bois de Boulogne, je me promène tous les jours dans cet immense espace verdoyant et sauvage avec les enfants et mon chien.

Qu’est-ce qui vous rend heureuse en ce moment ? Les beaux jours se devinent au pépiement joyeux des oiseaux le matin. Et mes projets de voyage à venir.

Un mantra bonne humeur ? Demain est un autre jour.

Votre évocation parfaite du bonheur ? Avec mon mari et mes enfants, l’été sur la plage d’une île italienne… C’est notre paradis.

Le film qui vous donne le sourire ? "Annie Hall" de Woody Allen.

3 morceaux de musique catalyseurs d’énergie ? "Young Americans" de David Bowie, "Don’t go breaking my Heart" d’Elton John et les mélodies de Dean Martin.

Une pensée pour vous tirer du lit les matins difficiles ? Je suis une grande optimiste et chaque journée réserve son lot de bonnes nouvelles, alors je me lève par curiosité…

Une technique particulière pour faire le vide ? La danse classique ! J’essaie de m’astreindre à deux cours par semaine. C’est un moment durant lequel il m’est impossible de penser à autre chose qu’aux enchaînements, tellement cette discipline demande rigueur et concentration.

Un réflexe anti-blues ? Du chocolat au lait ou bien des chouquettes avec un thé.

Un plat fétiche dans la cuisine française ? Je raffole des endives au jambon depuis que je suis toute petite. Allez savoir pourquoi…

Celui que vous cuisinez à vos amis, votre famille ? Toujours des lasagnes.

Une recette pour stimuler votre niveau d’énergie ? Je mélange du quinoa à des avocats ou des courgettes, sans oublier le citron et la coriandre. Et puis je finis par une soupe miso.

Un régime alimentaire particulier ? Disons que je ne me refuse rien et que je me laisse guider par mes envies, mais raisonnablement. Je n’ai pas beaucoup d’attirance pour la “junk food”, ça aide.

Si vous deviez illustrer le Paris d’aujourd’hui ? Je dessinerais La Fondation Louis Vuitton. Ses ailes de papillon repliées me rappellent mon travail.
Fondation Louis Vuitton, 8, avenue du Mahatma Gandhi, 75116 Paris.

Et la Parisienne de 2015 ? Je la vois très pétillante, comme ces silhouettes Carven modernes et poétiques en même temps.

Est-ce que Paris, sa beauté, son architecture, son minimalisme, vous inspire dans votre travail ? Oui beaucoup, car je suis très attachée à la période de la Belle Epoque et au Paris de Marcel Proust. D’ailleurs, je recherche toujours ces détails au cours de mes promenades et je crois bien que mes dessins sont imprégnés de cette nostalgie.

Votre compte Instagram témoigne de votre amour pour les animaux… Quel regard portez-vous sur eux ? J’ai commencé à les regarder pour mes croquis, puis j’ai dessiné de plus en plus d’animaux et finalement je n’ai pas arrêté de photographier les chiens dans la rue. Leur caractère anthropomorphe m’amuse beaucoup. J’ai été élevée avec des chiens et après des années de résistance, nous avons finalement adopté, avec mon mari, un petit Jacob, mi-Teckel mi-Jack Russel, en janvier. Et je dois dire sans aucune objectivité qu’il est absolument craquant.

Vous êtes passionnée par l’univers parisien de la Belle Epoque… Quelle serait, selon vous, une jolie tradition française perdue ? J’aime beaucoup cette tradition des cartes que l’on déposait, cornées, lorsque l’on rendait visite à quelqu’un qui n’était pas disponible sur le moment.

En quoi votre routine beauté est-elle parisienne ? Je dois dire qu’elle est pharmaceutique et minimale : un lait nettoyant, une crème nutritive de jour et de nuit et toutes sortes de savons et lotions aux odeurs délicates. Côté maquillage, je suis fidèle aux grands classiques : des poudres bronzantes l’été, des blush pour les joues, du rouge pour les lèvres et toujours le mascara "Grandiôse" de Lancôme pour les yeux.

Avez-vous des icônes parisiennes ? Simone, dans le roman "Le Cheval Blanc" d’Elsa Triolet, est pour moi une vraie Parisienne. Sarah Bernhardt ou Elisabeth Greffulhe m’amusent plus que les contemporaines, mais s’il ne devait y en avoir qu’une aujourd’hui, ce serait sans doute Catherine Deneuve.

Que vous dites-vous en vous regardant dans le miroir ? Que même si le temps passe, je me préfère davantage à 40 qu’à 20 ans !

Si vous ne pouviez emporter qu’un seul produit de beauté dans une soirée parisienne… Un rouge à lèvres bien rouge, que l’on peut, en plus, utiliser en blush.

Le geste beauté de la Parisienne qui se suffit à lui-même ? Une paire de boucles d’oreilles précieuses : un joli bijou est un vrai cosmétique selon moi.

Comment définissez-vous la beauté d’une femme ? Je pense que la beauté est une question d’incarnation. Elle est donc indissociable d’une personnalité intéressante et épanouie.

Votre vision de la Parisienne ? Je la vois rapide, efficace, élégante et discrète.

En quoi vous sentez-vous Parisienne ? Dans ma sobriété : je peins en couleurs mais je suis habillée en bleu marine la plupart du temps. Et certainement aussi dans ma façon de me déplacer : j’ai toujours l’impression de voleter d’un endroit à l’autre, de parcourir la ville.

Vos adresses à Paris ?

Pour faire de jolis cadeaux ? J’aime beaucoup offrir un petit bracelet "Charm" de chez Marie-Hélène de Taillac, c’est précieux et symbolique. Et puis chiner chez Colette, car on y trouve toujours quelque chose d’amusant.
Marie-Hélène de Taillac, 8, rue de Tournon 75006 Paris.
Colette, 213, rue Saint-Honoré, 75001 Paris.

Pour vous faire masser ou décompresser ? J’adore les soins de Kinéplastie de Claire Martichoux des Petits Soins, rue de Vaugirard. Et je me fais coiffer chez David Mallett car c’est un havre de paix.
Petits Soins, 66, rue Vaugirard, 75006 Paris. Tél. : +33 1 42 22 23 01.
David Mallett, 14, rue Notre-Dame des Victoires, 75002 Paris. Tél. : +33 1 40 20 00 23.

Pour prendre un café, un thé ou un cocktail ? Pour un café, je dirais : le Nemours au Palais Royal, Carette situé sous les arches de la place des Vosges, et le jardin du Petit Palais. Pour un cocktail l’hiver : le bar du Raphael, délicieusement désuet.
Nemours, 2, place Colette, 75001 Paris. Tél. : +33 1 42 61 34 14.
Carette, 25, place des Vosges, 75003 Paris. Tél. : +33 1 48 87 94 07.
Café du Petit Palais, avenue Winston Churchill, 75 008 Paris. Tél. : +33 1 53 43 40 00.
Hôtel Raphael, 17, Avenue Kléber, 75116 Paris. Tél. : +33 1 53 64 32 00.

Pour un déjeuner entre copines ? Nodaïwa un délicieux japonais, le très bon Bonaparte à Saint-Germain, où le service est tout simplement adorable et Albion pour ses produits d’une extrême qualité. Sinon moi j’aime surtout les petits déjeuners : le Claus est un délice et Bread&Roses n’est jamais décevant. Pour finir la journée en beauté avec un diner en tête à tête, je privilégie toujours le Voltaire, le parfait classique.
Nodaïwa, 272, rue Saint Honoré, 75001 Paris. Tél. :+33 1 42 86 03 42.
Le Bonaparte, 42, rue Bonaparte, 75006 Paris. Tél. :+33 1 43 26 42 81.
Albion, 80, rue du Faubourg Poissonnière, 75010 Paris. Tél. : +33 1 42 46 02 44.
Claus, 14, rue Jean-Jacques Rousseau, 75001 Paris. Tél. : +33 1 42 33 55 10.
Bread&Roses, 62, rue Madame. 75006 Paris. Tél. : +33 1 42 22 06 06.
Le Voltaire, 27, quai Voltaire, 75007 Paris. Tél. : +33 1 42 61 17 49.

Pour acheter des objets de déco ? J’ai travaillé dans les ventes aux enchères Drouot, et donc je suis plutôt attirée par les objets qui ont un passé (j’en ai beaucoup moi-même) mais, en ce moment, je rêve d’une lampe Noguchi et la photo m’attire aussi.
Drouot, 9, rue Drouot, 75009 Paris.

Pour en savoir plus : www.prunecirelli.com

Photos : Dylan Forsberg